- Eh ça va la vache ? Quel truc horrible ce sujet, ce fil rouge, enfin, quoi cette proposition débile que mes commensaux ont choisie sans moi.
- Eh oui, Bob ! Ils ont choisi sans toi. Une tuile ! Et à la quasi-unanimité en plus. Ne t'en fais pas. La séance aura lieu avant l'été et ton championnat de kayak. D'accord il aurait été bienvenu que tu le susses plus vite. Las, c’est juste un sale moment mémorable à passer. Ne cherche pas à ressasser pourquoi tu n'étais pas présent à la dernière rencontre de tes Amis de la Lune. Nul, et pas besoin de rêver. Tu ne vas rien y changer. Tant pis ! Pistant l’astuce, tu trouveras sans doute des raves à trous. Aussitôt dit, aussitôt fait. Autant le faire sans retard. Quelle invention ces figures de style quand même ! Qui bouleversent syllabes, lettres ou mots entiers. D'ici, de là, de l'acidité dans ma tête. Une prochaine fois, je viendrai !
Enjambons alors ces mauvais jeux de mots, laids pour tout dire et essayons de gratouiller. Je remue, je gratte, j'en perds la boule : étêté.
Rire mou, serait-ce en quelque sorte manquer d'humour ? Rester en retrait, traître à la compagnie joyeuse de celles et ceux qui guettent le mot soyeux, celui qui saute aux yeux, qui est doux à l'oreille ? A force d’efforts vains, j’en conviens, je deviens c… !
Mourir d'amour,
Rire mou de dépit ;
Mourir d'aimer,
Rire mou face à la méchanceté ;
Mourir pour des idées,
Rire mou de n’en avoir pas eu ;
Mourir de plaisir,
Rire mou d'ennui et de dépit ;
Mourir de faim,
Rire mou d'avoir trop bu ;
Mourir de rire ?
Rire mou parce que ce fil rouge… décidément !
La morale de ces quelques lignes, s’il y en a une, vraiment : je ne me fie pas aux apparences, aux sonorités, aux ressemblances et aux faux semblants. La mort, quelle qu’elle soit, est l’inéluctable aboutissement du vivant. Le plus souvent j’observe qu’elle fige dans l’oubli ou dans les souvenirs. Qu’elle rend froid, qu’elle sent mauvais. Et, assurément, si éventuellement elle fait rire, ce n’est que pour exorciser ma peine et mes peurs. Mais faut-il vraiment de la drôlerie dans un texte de Dissident, qu’il soit de la pleine Lune ou d’ailleurs ?
S’il te plaît, Monsieur, dessine moi un crayon!