DISSIDENTS DE LA PLEINE LUNE
5 mai 2026
La folie n’a pas d’âge
La merde
De la merde partout, quand un grand gosse de dix-huit ans se chie dessus, et que ça coule le long de ses jambes, en liquide et en morceaux, et que tu l’emmènes aux toilettes, et que ça fait des traînées de merde sur le sol, sur le parquet, sur le lino, et que ça pue, et arrivé dans la salle de bains, le garçon, tu lui ôtes ses vêtements en faisant attention de ne pas t'en mettre dessus, et il met ses mains à son cul plein de merde, dans la merde qu’il a retenue pendant une semaine ou plus, et il approche sa main de ton visage, et il faut éviter qu’il ne te touche le visage et les vêtements, et ça pue, et le garçon est angoissé et très excité, il crie comme un tout petit enfant, il essaie de s’agripper, et il faut le faire entrer dans la baignoire, il est aussi grand que toi, plus gros, et enclencher la douche, et il faut frotter, parce que ça colle sur le corps du garçon, le jet n'est pas assez fort, et tu n’as pas de savon sous la main, et il faut le frotter, en même temps tenir ses mains pour qu’il ne te macule pas, et finalement tu le frottes avec tes mains, tu n’as pas eu le temps d’enfiler des gants, et au bout d’un moment, il finit par être plus ou moins propre, et il y a encore de la merde en petits morceaux au fond de la baignoire, ça passe mal dans le trou, et le garçon marche dessus, et s’en remet plein les pieds, et il crie, et il s’agrippe, et finalement il est à peu près propre, et on t’apporte des vêtements propres à lui enfiler, et c’est enfin fini, ça sent encore terriblement fort, tu inspectes le sol et les murs de la salle de bains, tu sors de la salle de bains avec le garçon, tu te laves les mains, quelqu’un a nettoyé le sol des couloirs, tu te laves les mains, plusieurs fois, et elles sentent encore la merde.
© Marcel Nagel