Ou : La revanche de celui qui n’avait pas choisi ce thème.
Ou : Faune éthique obscure à la lecture, limpide à l’oreille.
Dédicace
Ce texte illisible est dédié à François et à Jean-Claude, ces troubadours du calembour pour qui la bio d’hiver six thés cultive les mots d’humour en sachets bohèmes. Ces fiers chevaliers approximatifs, épris d’esprit, montent volontiers sur leurs grands chevaux d’Orient car, touts petits, leurs fringants coursiers étaient déjà poneys. L’un a osé Ozal et son miroir aux six ronds d’elles. L’autre, farceur sans être persan, a osé le croissant farci.
Pour ces esthètes de l’épithète, laid sans ciel, ce qui élève un texte, c’est sa chute. Et si la chute de celui-ci vous échappe, tournez-vous vers ces pairs spirituels, Saint Taxe prie pour eux, ils sauront vous éclairer à travers les brouillards d’un jeu thème à la folie.
Préambule
Pour une histoire de brouillard, choisir de préférence une contrée de cours d’eau. Comme la région des Trois lacs d’où je viens. Là on n’a pas vu de soleil depuis novembre et y en a marre. Au point que les belles de ces lacs se parent de fards à brouillard, fort pratiques pour la navigation.
Parfois je m’évade du côté du Léman pour me goinfrer de paysage, de vision dégagée et de caresse du soleil. Et voici que ces Lémaniques lunaires choisissent de me replonger dans le brouillard, avec un thème qu’on plisse… Tu repasseras, c’en est trop, désolé je vais vous embrouiller, vous embrumer. Qui sème le brouillard récolte ce Bagdad bad gag bazar.
Ça commence
L'histoire se passe donc en Mésopotamie. Cette région de l’ancienne Perse tire son nom de « mésos », milieu ou entre-deux, et « potamos » fleuve en grec. Cette terre se trouve ainsi entre deux fleuves, le Tigre au nord et l’Euphrate au sud. De ces fleuves s’élèvent d’incessants brouillards. D’ordinaire le climat y est plutôt sec, mais depuis un certain vote sur le choix d’un thème calamiteux, une chape épaisse s’est abattue sur la Mésopotamie. Là-dessus, ou dessous à cause de mes moyens potes à moi, vit une poule mésopotamienne. À dire vrai, lorsqu’on doit pondre contre son gré, une poule est toujours utile. La brave volaille aime son coin de pays. Elle picore ici et là, au hasard et en vain, le brouillard l’empêchant de distinguer quoi que ce soit.
Ici une digression s’impose, pour souligner l’inconséquence de cette majorité qui a délibérément choisi un thème qui affame une poule innocente. Dans cette purée comment voir la moindre graine à se mettre sous la dent? qu’elle n’a pas d’ailleurs. Et pas le plus petit espoir d’amélioration. Mais la poule est soumise, elle y voit son destin et l’accepte. Là-bas, l’idée de quelque chose qui ne changera pas de si tôt, se dit: « Quand les poules auront des dissidents »…
Notre poule est parvenue tant bien que mal sur une colline, elle aime s’y balader. Insouciante, elle se dit qu’un jour elle apercevra l’horizon. Et voilà que soudain une brise légère se lève, le voile se déchire, la poule écarquille les yeux, elle voit le Tigre… et l’Euphrate.