J'étais allongé dans l'obscurité, serré contre mes semblables.
Le temps n'avait pas de contours.
Ni jour, ni nuit. Seulement l'attente.
Puis un matin, si l'on peut dire, tout changea.
On plaça Mademoiselle Lavande entre mes bras.
Elle était tiède, parfumée, rassurante.
Le voyage commença sur un étalage baigné de lumière.
Nous découvrions le monde, immobiles et émerveillés.
Puis vint le sac, le balancement, le retour au noir.
Le mouvement nous rapprocha.
Nous apprîmes à nous connaître.
On nous posa sur un coussin.
Quelle surprise, cette douceur !
Une main nous souleva, puis la laine nous enveloppa.
L'obscurité revint, mais elle n'était plus inquiétante.
Blottis l'un contre l'autre, nous respirions ensemble.
Mademoiselle Lavande me parlait des champs, de la pluie, des insectes, du soleil.
Je ne voyais rien, et pourtant je voyageais.
Nomade sans pas, sans route, sans horizon,
avec elle, j'étais toujours en voyage.