Un monde cousu à plusieurs mains
Thème: L'union fait la fraise • 12 septembre 2025 • par Anne Grognuz
- Et si, pour la fête de fin d’année, on faisait un spectacle commun.
Les objections fusèrent :
- Ça va nous demander trop de temps.
- Et comment allons-nous nous y prendre pour trouver un thème ?
- Et composer les textes ?
- Et la musique ?
- Et les décors ?
Valérie, sans se laisser décourager insista :
- Nous avons des profs de musique, de travaux manuels et de couture.
Demandons-leur de nous aider.
- Même s’ils acceptent, il reste le problème du thème et des textes. D’habitude, chaque classe choisit deux chants et c’est tout.
- Alors faisons un brainstorming. On n’a pas besoin d’une pièce, juste de saynètes.
Ils acceptèrent de se revoir. Trois jours plus tard, l’idée avait mûri et les propositions fusèrent. Ils se surprirent même à rire. Le thème du voyage fit l’unanimité. Chaque classe choisirait un pays, une visite et composerait une saynète suivie d’un chant. Un chœur final conclurait le spectacle. Ils avaient une semaine pour choisir avec leurs élèves, avant de solliciter les maîtres d’activités artistiques.
Le grand jour arriva. Les parents, aussi impatients que leurs enfants, prirent place. Le rideau se leva et le spectacle commença. L’émotion était palpable. C’était trop touchant de voir ces enfants évoluer sur scène avec un brin de timidité ou au contraire beaucoup d’assurance. Et quand le petit caïd du collège lança sa réplique-phare apostrophant les deux touristes qui s’échappaient du groupe « Eh, vous, là-bas, où croyez-vous aller comme ça ! », la salle éclata de rire.
Les parents furent charmés du début à la fin. Le soin apporté à chaque détail parlait de lui-même. Les décors imaginatifs, les costumes colorés, la musique entraînante, les mises en scène légères et le jeu des acteurs en herbe, tout faisait mouche. Un vrai succès.
Tout le monde se retrouva ensuite autour des tables dressées dans le hall pour déguster les pâtisseries des parents. Ce fut une prolongation appréciée du spectacle. Chacun voulait relever ce qui l’avait marqué, féliciter les enfants et leurs enseignants.
Le lendemain, à la salle des maîtres, l’ambiance était joyeuse. Ils avaient réussi. Ils dégustèrent les fraises offertes par un parent. Valérie, malicieuse, lança :
- On peut dire que l’union fait…
- La force ?
- Non, l’union fait la fraise.
L’année se termina sur ce trait d’humour qui les fit bien rire.