Recommence!
Thème: L'exaltation de la routine • 12 septembre 2025 • par Fredy Thévoz
L’humain est un animal de l’habitude selon Sigmund. Bien-sûr, bien-sûr… Bien-sûr que non !
L’homme debout, n’est pas assis sur son curieux… désir ! S’étonner de tout, s’étourdir de se découvrir, et de se sourire, voici les jubilations intérieures propres à déglinguer la routine, tueuse silencieuse. Comment ? Hors sujet ? Il ne s’agit pas de dézinguer l’incontournable routine, mais de l’exalter ! Bon, je recommence…
Alors allons-y dans cet éloge de la répétition létale, cet éloge d’une vie banale jusqu’à sa banale mort, fêtons l’ennui abyssal, trinquons à la tisane acratopège et célébrons la Garde suisse vaticane, épouvantails figés, gardiens de traditions pétrifiées, plus mortes que les statues qu’ils protègent ! Et jubilons donc tous ensemble, comme d’habitude les conservateurs détruisent l’Amazonie, saccagent la diversité vivante, privatisent l’eau coulant pour bénir, oui réjouissons-nous, la routine conserve, et les conservateurs conservent bien les profits, ouf !
Pourtant l’aube sublime, intime, se lève, pourtant nous respirons encore, écoute, sens, ce souffle nous traverse, et la routine d’un cœur, pulsant, battant, pour quelqu’un d’autre, tout Autre… Et l’incommensurable poésie dans une seule petite fleur, et ce parterre d’ors fleuri dans « Le baiser » de Klimt, et toute la neige, flot con de cristaux uniques, et ce bain de forêt, dans l’infinie dentelle des fougères du désir…
Ah oui, encore aimer nos nécessités, respirer, se lever, se laver parfois, manger, pisser, oui nous sommes chaque jour traversés d’excréments, et de lumière condensée, mes amis adelphes ! De l’ordinaire faire son délice, d’une tasse de thé une volupté, d’une solitude une multitude. De cette foule, voir des êtres aux ineffables et doux visages, nos visages, irremplaçables, pathétiques et magnifiques. Quel qu’il soit, cet instant ne reviendra pas, la Terre aura bougé. Le progrès s’est arrêté, le changement se poursuit.
La précieuse, vitale routine, est une intériorité qui, comme le répète Grégoire de Nysse depuis le quatrième siècle des siècles, « va de commencement en commencement, par des commencements toujours recommencés. »