La tête dans les étoiles

Thème: Ma tête à couper • 12 septembre 2025 • par Anne Grognuz

Sommes-nous seuls dans l’univers ?

Cette question a taraudé les hommes pendant des décennies.

Au vu du gigantisme de l’univers, il serait logique que la vie ait pu se développer ailleurs.

Nous rêvons de communiquer avec des êtres qui nous ressemblent et avec qui nous pourrions échanger des savoirs.

Ce rêve a débouché sur l’envoi de deux sondes, Pioneer 10 et 11, en avril 1972 et avril 1973.

Toutes les deux étaient programmées pour collecter et transmettre des données sur Jupiter, Saturne, Neptune et Pluton et devaient ensuite sortir du système solaire, ce que Pioneer 10 a réalisé après dix ans de voyage. Toutes les deux portaient un disque en or contenant des informations adressées à d’éventuelles civilisations extraterrestres rencontrées au cours de leur périple. Il y avait une carte de l’espace avec la localisation de la Terre dans le système solaire, des informations écrites en langage binaire et des croquis d’un homme et d’une femme symbolisant notre espèce. A cela s’ajoutaient des enregistrements de musique ainsi que des messages en plusieurs langues.

A l’époque, je n’étais pas enchantée par cette bouteille lancée à la mer. Je pensais à notre comportement envers les colonies. Nous nous sommes appropriés de nouveaux territoires dans le but de piller leurs ressources naturelles. Notre arrogance nous a porté à mépriser ceux que nous considérions comme nos inférieurs. Nous avons privé de leurs droits, opprimé, déplacé ou exterminé des peuplades entières. Si des civilisations extraterrestres croisaient nos sondes, cela signifierait qu’elles sont plus avancées que nous. Nous serions leurs « Indiens ». Nourrie de littérature et de films de science-fiction où les rapports avec des extraterrestres sont plus souvent violents qu’amicaux, je pensais que ce n’était pas une bonne idée de leur dire « Coucou, nous sommes là, venez nous trouver. » Je pensais que s’ils nous ressemblaient, ils s’intéresseraient plus à nos ressources qu’à nos personnes. Je pensais qu’il fallait rester discrets. Et voilà que non seulement on envoie des sondes, mais qu’en plus, nos radiotélescopes envoient des messages sonores. Or, contrairement aux sondes qui sont lentes, les ondes radio voyagent à la vitesse de la lumière. Elles n’ont besoin que de 4,24 ans pour atteindre Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche de nous, située à la bagatelle de 40,11 billions de kilomètres. Notre sonde Pioneer se déplaçant à environ 50 000 km/h mettra environ 91 586 ans pour l’atteindre, à supposer que ses moteurs tiennent le coup et qu’elle ait suffisamment d’énergie ce qui est loin d’être le cas. A ce jour, nos messages sont restés sans réponse. J’en suis fort aise. N’en déplaise aux scientifiques. 

Je suis rassurée. Les distances sont tellement immenses, les problèmes techniques à résoudre sont tellement colossaux qu’il y a peu de risques que des extraterrestres débarquent chez nous, mais je n’en mettrais pas ma tête à couper. Les auteurs de science-fiction parlent d’un hypothétique hyper-espace permettant de se déplacer rapidement d’un endroit à l’autre de l’espace-temps. Et si c’était possible ? Et si une civilisation extraterrestre relativement proche de nous avait découvert comment se déplacer à une vitesse approchant celle de la lumière (299’792,458 km/s) et résolu les problèmes de carburant, d’air, d’eau et de nourriture ?

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