Garder le cap

Thème: Guide égaré • 12 septembre 2025 • par Sima Dakkus Rassoul

Le besoin de sentir l’âme palpiter reste essentiel à l’être humain. Mais comment trouver le temps dans cette compétition impitoyable qu’est devenue le monde et son enfer de la course au temps ? Le mutisme a recouvert la nécessité de renouer avec le soi profond. La surdité à cette voix intérieure s’est infiltrée en chaque être. Divisé en lui-même, la conscience envahie des devoirs envers l’humanité, les proches, les lointains humains qui souffrent. Devoir envers l’univers, sans place pour ce que chaque être humain se doit.

Les générations des années soixante, on s’en souvient, ont parcouru le fabuleux Orient qui éclaire les matins du monde.  Les espoirs d’alors ont été bercés par la quête du paradis sur terre, les sentiers jonchés de mantras, de drogues douces et dures, et la découverte de la générosité des pauvres. Pain et oignon, front grand ouvert, dit un proverbe afghan.

Quoi qu’il en soit, de ces voyages est resté a mémoire des gourous. Or, ces guides, entraîneurs de toutes origines – dont le mot au féminin, entraîneuse défigurerait la profession – or donc, ces incontournables d’à la recherche de la place perdue n’ont pas le secret de l’expérience infuse. Ils se trompent parfois. Et les conseilleurs ne sont pas les payeurs, selon l’adage bien connu.

Sara, une jeune femme en peine de trouver sa route à une certaine étape cède au chant des sirènes de sa publicité préférée qui n’en a pas l’air, confie son mal-être à une coach de vie. Ma coach m’a dit, ma coach m’a mise en garde, ma coach me conseille. La relation se noue et se fortifie. Le cordon ombilical est réparé ou presque.

Aux moments de découragement, Sara se demande ce que sa coach penserait de ses réactions, même les plus finement intimes. En d’autres circonstances, elle est certaine de l’avis de sa coach, comme si elle lui murmurait à l’oreille. Elle se sent moins seule et plus déterminée.

Mais inévitablement, se posent à nous pauvres humains, des questions qui nous laissent pantois. Alors, surgit un vide bénéfique, le seul qui nous appartienne et dont la clé git non seulement dans le conscient, mais dans le subconscient, voire l’inconscient.

Le déficit de l’introspection est le pesticide le plus polluant de notre condition de monde sur- et mal-informé, y compris sur nous même, à fleur de nos voisins. Et dans le couple et dans la famille. Et entre amis. Si l’autre est précieux, c’est parce qu’en face se trouve un être en accord avec lui-même ou avec son vide. Simple miroir affectif ou non, le chemin ne mène pas loin,

Un jour, Sara quittera sa coach parce qu’elle comprendra que la seule personne capable de ne pas s’égarer sera elle-même. Son intelligence et son courage lui montreront ce chemin unique qu’est l’ensemble de sa vie, d’erreurs en prises de conscience, de lâcher prise en augmentant la capacité de la connexion à ce qu’elle a au fond d’elle, un trésor caché. Comme dans les contes, elle est la seule à pouvoir le trouver et le déterrer.

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