Ex-pressions sans faux-col
Thème: C'est au pied du mur... • 12 septembre 2025 • par François Guichon
Est-ce au pied du mur qu’on y danse, qu’on y danse, et qu’ensuite on paie les musiciens avant d’y faire son lit comme on se couche ? Puis le lendemain d’y voir midi à sa porte et le soleil luire pour tout le monde ?
Ou alors au pied du mur que les vaches sont bien gardées quand les borgnes sont rois au four et au moulin, et qu’ils mettent la charrue avant les bœufs ? Car il faut bien de tout pour faire un monde…
A moins qu’au pied de ce mur on soit triste comme les pierres car on s’y moque de la charité, même si à quelque chose malheur est bon ? Et si ce qui ne tue pas rend plus fort et qu’à chaque jour suffit sa peine, il n’empêche que les petits ruisseaux de larmes font les grandes rivières de malheur et qu’à force de faire déborder le vase on risque de noyer le poisson, avant qu’il ne pourrisse par la tête.
Revenons plutôt à nos moutons qui paissent au pied de ce mur, alors que le loup est dans la bergerie, se méfiant de l’eau qui dort tout en gardant une poire pour la soif, car tous les goûts sont dans la nature et tout vient à point à qui sait attendre. Sauf que j’attends toujours que me vienne la suite de ce maudis dicton : pour sortir de cette auberge il faudrait chercher un tas de briques dans une paille d’aiguilles. Mieux vaut tard que jamais, paraît-il, et nécessité fait loi, encore que le temps soit de l’argent et que la nuit porte conseil.
Et qui dort dîne, quand la nuit tous les chats sont gris. Alors pourquoi chercher minuit à quatorze heures si la raison du plus fort est toujours la meilleure ? A moins que ce ne soit celle du vieux singe à qui on apprend à avoir une mémoire d’éléphant malgré sa cervelle d’oiseau. A force de tergiverser, ce mur commence à sentir du pied. Un pied qu’il va peut-être sortir tel un pédoncule de moule – minérale à défaut d’être marinière - pour se déplacer insensiblement, ou pour nous tendre un croc-en-jambe ? A moins qu’il ne s’en serve pour nous botter le postérieur : il ne manquerait plus que ça...
Autant en emporte le vent et aux grands mots les grands remèdes. On ne peut pas tondre un œuf et qui ne risque rien n’a rien. Je ne dirai pas Fontaine je ne boirai pas ton eau car il n’y a que le premier pas qui coûte et honni soit qui mal y pense : sauve-moi Wikipedia !
Et finalement c’est bien un maçon que l’on voit au pied du mur ! On aurait pu également y deviner le Dissident en train d’empiler ses mots tels des briques, d’y aligner les phrases au cordeau pour enfin obtenir un texte à la verticalité de fil-à-plomb… Juste à temps pour attraper le train à destination de la Tour-de-Peilz.