D'air et do

Thème: Le chant des bulles • 12 septembre 2025 • par Fredy Thévoz

Embarquer dans sa bulle, l’habiter, respirer, et laisser voir son cœur s’iriser. Sphère nouvelle, Esprit nouveau, Terre nouvelle, cet espace intérieur nous porte, nous emporte vers nous-mêmes.

Notes rondes sur partition d’univers, blanches d’ivresse légère, noires de neige tombant vers le haut, arias et hymnes à la liberté d’être. Seuls et ensemble, immobiles et vibrant, silencieux et harmonique, suivons leurs danses de la guérison. De solitude et de multitude, leur matière est-elle de pensée ou de transparence ? Parties de rien, ne contiennent rien, ne veulent rien, rien que la vie, pétillante, chatouillante, joyeuse d’un feu sans artifice. Juste cet air d’eau, en do dans l’air, picotement de millions d’ascenseurs vers la lumière.

Comment s’y prendre ? Seulement se laisser prendre, et puis s’éprendre. Vous aurez compris si vous ne cherchez pas à comprendre. Elles nous envelopperont, en rondeur, en ferveur, en douceur, de leurs pieds à nos têtes. Et si le vide venait nous remplir, elles sauront nous offrir la plénitude, d’un bourgeonnement, d’un frémissement, d’un baiser à bouts touchants. Si la mort venait déchirer tout ce qui nous tient, elles seraient là encore, par leur souffle ténu, réparant tout. Jusqu’au bout, jusqu’au tout, elles viendront se donner, prêtes à éclater de vie, pour la nôtre. C’est un don, un pardon, un voyage circulaire, simple et sans retour. Un ruissellement vertical, s’écoulant vers la Source. Issue dans l’impasse, éphémère perpétuel, métamorphose pour une fin initiale.

Est-ce un bain ou un envol ? Pour notre bulle, peu importe. Elle viendra sonner à notre porte et ouvrir la sienne. Elle sait nous reconnaître, veut nous laisser renaître. Mélopée ou conciliabule, elle vogue vague, ondule et hulule sous la houle, danse et roule, chante saoule la vie libellule de libre bulle.

Parfois, l’autre s’approche, pose un doigt à notre surface. Notre respiration s’accélère, voilà que ce souffle élargit notre bulle, doucement, délicatement, l’autre s’y glisse, pour une rencontre parfumée. Elle survivra même à l’éclipse du soleil, une lune de passage l’emporte, puis l’illumine, dans le jaillissement d’un chant nouveau.

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